• Il ne me semble pas nécessaire d'expliquer pourquoi. Mais si vous êtes cloîtré(e) à la maison, vous pouvez en profiter pour vous plonger dans notre notre nouveau blog, tellement plus attrayant que celui-ci ! Il contient déjà 168 articles mis à jour, et les circonstances actuelles vont me permettre d'en ajouter rapidement quelques centaines d'autres qui seront progressivement enlevés du présent blog. La réouverture des espaces publics sera une expérience passionnante à suivre... il n'y a plus qu'à attendre patiemment, en respectant scrupuleusement les consignes.  


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  • Il ne me semble pas nécessaire d'expliquer pourquoi. Mais si vous êtes cloîtré(e) à la maison, vous pouvez en profiter pour vous plonger dans notre notre nouveau blog, tellement plus attrayant que celui-ci ! Il contient déjà 168 articles mis à jour, et les circonstances actuelles vont me permettre d'en ajouter rapidement quelques centaines d'autres qui seront progressivement enlevés du présent blog. La réouverture des espaces publics sera une expérience passionnante à suivre... il n'y a plus qu'à attendre patiemment, en respectant scrupuleusement les consignes.  


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  • C'est ici : https://sociotopes.home.blog/

    Vous y êtes les bienvenus, j'espère que cette nouvelle formule vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de votre point de vue et d'éventuelles suggestions. Les articles seront désormais publiés sur cette nouvelle plate-forme, qui s'enrichira aussi d'anciens articles du présent blog. Ceux-ci seront progressivement retirés, et le blog d'origine disparaîtra alors. N'hésitez pas à diffuser cette nouvelle adresse et, si le sujet vous intéresse particulièrement, à vous abonner à l'infolettre. Merci !


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  • Article supprimé et déplacé vers le nouveau blog :

    https://sociotopes.home.blog/2020/01/15/la-vie-dans-les-dents-creuses-suite/


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  • La vie dans les dents creuses (suite)Sous cet élégant titre, nous avons évoqué ici il y a deux ans un projet de modification de la loi Littoral, destiné à permettre d'urbaniser dans les interstices de secteurs déjà urbanisés des communes littorales. Cette modification ayant été votée, le sujet revient à l'ordre du jour car on me demande d'évaluer les incidences environnementales de la modification d'un SCOT (schéma de cohérence territoriale) afin d'intégrer ces nouvelles dispositions. Une quarantaine de lieux-dits ont été retenus, et il m'incombe dans les jours à venir d'analyser dans chaque cas les incidences de constructions supplémentaires dans ces fameuses "dents creuses".

    Le cahier des charges demande d'étudier les thèmes environnementaux habituels (milieux naturels, paysages, pollutions, nuisances, risques etc), mais il m'a semblé utile d'y ajouter deux autres thèmes : d'une part les déplacements, et d'autre part les conditions de vie de populations spécifiques (enfants, jeunes, personnes âgées, personnes handicapées) qui pourraient être amenées à vivre dans ces lieux. Selon les cas, on peut en effet avoir affaire à des environnements plutôt agréables et potentiellement épanouissants - avec par exemple de bonnes possibilités de vie sociale, de jeux, d'accès aux espaces naturels... - ou au contraire à des situations d'enfermement au milieu des champs de maïs. Relevons dans ce dernier cas que pas mal de gens sont prêts à aller s'enterrer dans de tels lieux pour profiter d'une opportunité foncière, sans réfléchir aux incidences sur la vie de leurs enfants ou sur la leur au cas où leur situation physique se dégraderait. Cette dimension sociale me semble importante en matière d'évaluation environnementale et voilà donc une occasion de l'aborder.

    A suivre !

    Photo : un des lieux-dits concernés par l'étude. Comme dans beaucoup de communes littorales de Bretagne, on a affaire à des agglomérats d'habitations récentes greffés sur de petits noyaux d'anciennes fermes. Y a-t-il un intérêt général à renforcer de telles formes d'urbanisation ? L'étude devrait aider à s'en faire une idée.


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  • Espaces privés-publics au JaponAvant de laisser la parole à Apus, qui a des informations pour nous sur les sociotopes japonais, intéressons-nous de plus près à la notion d'espace public au Japon. Nous avons vu, dans un récent article de ce blog, que la distinction entre espace public et espace privé y est non seulement assez récente, mais aussi fluctuante. Un article publié le 17 décembre par Margot Baldassi porte à notre connaissance les recherches de l'urbaniste Thomas Fontanet, qui a étudié les espaces privés ouverts au public à Tokyo.

    Ce cas de figure est différent de celui évoqué précédemment, puisqu'il n'y a ici aucune incertitude quant au statut privé de ces espaces dits "kōkai-kūchi". En fait, il s'agit de l'équivalent japonais des "plazas" américaines dont nous avons beaucoup parlé : en échange de droits à construire en hauteur (ou plus en hauteur que ce qui est fixé par les règlements), les aménageurs s'engagent à créer des espaces ouverts en pied d'immeubles et à les gérer de manière à y accueillir le public général. Il peut aussi s'agir d'espaces privés déjà constitués, mais qui peuvent s'ouvrir au public moyennant des allégements fiscaux. La délimitation physique des kōkai-kūchi est en général visible, même si elle est discrète, et les règles d'utilisation des lieux sont portées à la connaissance du public.

    L'auteur relève que la qualité d'aménagement de ces espaces est en général très supérieure à celle des espaces publics au sens strict, qu'il qualifie d'"assez minimalistes et relativement pauvres en aménités" et "qui ont tendance à négliger la question du confort d'usage". Il note aussi que la loi sur l'urbanisme de 1968 a eu pour effet non seulement de densifier fortement Tokyo, mais aussi, et simultanément, de "générer des espaces publics en quantité (élargissement des trottoirs, création de squares, d'espaces verts, de passages et autres atriums). On assiste alors progressivement à une verticalisation du bâti associée à une multiplication d'espaces privés ouverts au public, dont la vocation première est d'améliorer la qualité des espaces urbains tokyoites".

    Thomas Fontanet ne voit pas d'équivalent aux kōkai-kūchi dans les villes européennes, même si bien entendu, les espaces privés ouverts au public n'y sont pas exceptionnels. Il signale le cas original de la Bücherplatz à Aachen (Aix-la-Chapelle), que nous avons présenté ici il y a plusieurs années comme un exemple plus ou moins convaincant de "partenariat public-privé". Et bien sûr il établit un parallèle avec les plazas américaines et plus généralement avec les "POPS" (privately owned public spaces), dont la carte interactive pour New-York est visible ici.

    Photo trouvée sur le site de Margot Baldassi, auteur non indiqué (Thomas Fontanet ?)


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  • Sociotopes et universalismeIl n'y a rien de tel qu'une guerre mondiale ou des régimes tyranniques pour faire prendre conscience aux hommes qu'ils partagent des valeurs et des aspirations communes - la paix, par exemple, et accessoirement quelques autres bricoles telles que la santé, l'instruction, l'amitié, l'art, le loisir et le jeu, un air pur et une eau propres, par exemple. C'est pourquoi une Déclaration universelle des droits humains a été adoptée en 1948. Dommage qu'entre deux guerres ou deux tyrannies, les hommes tendent à oublier ce qui les relie pour s'intéresser davantage à ce qui les divise, à commencer par leurs sacro-saintes "identités" - ça commence par "les Velrand sont des peigne-cul", comme dans la Guerre des Boutons, ça continue comme dans Lucky Luke par la haine immémoriale entre les O'Hara à grandes oreilles et les O'Timmins à gros nez, et ça peut très mal finir.

    Dans un livre sorti il y a quelques jours, "Plaidoyer pour l'Universel", le philosophe Francis Wolff entreprend avec rigueur et clarté de reconstruire l'universalisme, c'est à dire un socle de valeurs morales et politiques communes à l'humanité entière, en l'élargissant à des préoccupations nouvelles (le rapport entre l'homme et la nature, par exemple) et en le débarrassant d'inclinaisons ethnocentristes au nom desquelles il a souvent été attaqué, par exemple lorsqu'il justifia des entreprises coloniales. Le fait est que l'universalisme est mal en point ces temps-ci. A l'extrême-droite, où l'on défend la conservation d'un ordre social fondé sur des hiérarchies dites "naturelles" et où il est de bon ton de conspuer les "droits-de-l'hommistes", on aime enfermer les gens dans des boîtes hermétiques qui les protègent des courants d'air : la Nation, la Province, la Famille, l'Entreprise (une grande famille...) ; c'est "La Corrèze avant le Zambèze", "Mon cousin avant mon voisin", et la chaleur de la tribu imprégnée d'amour et de haines recuites. A gauche, au nom de l'esprit de liberté, on adore aujourd'hui fragmenter la société en une pléiade de minorités nécessairement "opprimées" - ce sont potentiellement autant de bonne causes à défendre, donc de clientèles. Les Démocrates américains ont ainsi réussi à transformer leur société en confettis, avec les brillants succès que l'on sait. Bref, dans cet environnement idéologique, la cause de Francis Wolff me semble excellente - d'ailleurs les discours politiques de Victor Hugo me font vibrer, et je trouve que l'Ode à la Joie a plus d'allure que les chansons de Théodore Botrel. Voyons donc comment nous pouvons la soutenir.

    Quelles que soient les "identités" - ethniques, religieuses, sexuelles ou tout ce qu'on voudra -, on peut poser comme certain que sur la Terre entière, il y a des enfants qui aiment courir après une balle ou patouiller dans l'eau, et des vieux qui aiment s'asseoir sur un banc (avec un dossier, hein !) pour regarder les enfants jouer. J'avais d'ailleurs eu le plaisir de trouver, dans les "Mémoires d'Outre-Tombe", un passage où Chateaubriand évoque "ces jeux du commencement de la vie, pareils en tous lieux" : " Le petit Anglais, le petit Allemand, le petit Italien, le petit Iroquois, le petit Bédouin roulent le cerceau et lancent la balle. Frères d'une grande famille, les enfants ne perdent leurs traits de ressemblance qu'en perdant l'innocence, la même partout. Alors les passions modifiées par les climats, les gouvernements et les mœurs font les nations diverses ; le genre humain cesse de s'entendre et de parler le même langage". Moins pessimiste que Chateaubriand, Francis Wolff poursuit sur l'importance de pouvoir "parler pour rien" : "Et ça, c'est humain. Bavarder. Palabrer. Papoter. A l'être humain, il importe beaucoup de parler de ce qui arrive et qui pourtant importe peu - comme les enfants dans la cour de récré ou les vieillards sur les bancs du village ("tiens, ça se rafraîchit"). Chaque être humain aspire à la relation de réciprocité infinie comme à la réalisation de sa propre essence, dès lors qu'il est en situation dialogique" (p. 257).

    Des jeux pour les enfants, des bancs pour permettre aux vieux de papoter : voilà déjà quelques bonnes bases, dépourvues de toute prétention "identitaire", pour le volet urbanistique d'un projet universaliste.

    Francis Wolff, Plaidoyer pour l'Universel, Fayard, 284 p., 19 €.

    Photo : auteur inconnu.


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    En direct du JaponNotre fidèle contributeur Apus s'envole ces jours-ci pour le Japon où il va passer un mois. Il nous communiquera de temps à autre ses observations illustrées sur les sociotopes locaux.

    A propos de Japon, une étude intitulée "Public Spaces in Asian Pacific Cities" nous apprend que "le concept occidental de "public" et "privé" n'existait pas dans la culture japonaise jusque tard dans le 20è siècle. Il en résulte que "l'espace public" est une notion flexible au Japon. C'est souvent un événement public, plus que toute forme de limite physique et permanente, qui détermine l'étendue d'un espace public à un moment donné. De nos jours, l'approche occidentale de  l'espace public a gagné du terrain au Japon. Toutefois, le concept traditionnel de l'espace public flexible pourrait être réintroduit afin de revitaliser l'esprit de communauté, qui tend à perdre du terrain dans les métropoles telles que Tokyo". Voilà une piste d'observation pour Apus, qui ne devrait pas en manquer par ailleurs.

    Photo : le carrefour de Shibuya à Tokyo. "No parking, more business" ? Auteur : Sean Pavone / archdaily.com


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