• Pour en savoir plus sur le "PlaceGame"...Le PlaceGame, dont il fut question ici à de multiples reprises, a été mis au point et est diffusé par l'association américaine PPS (Project for Public Spaces). Il est un des outils au service d'opérations dites de "Placemaking", notion inventée et promue également par PPS et qui est aujourd'hui devenue un nom commun à travers le monde.

    Le site français auquel renvoie le lien ci-dessus explique bien de quoi il s'agit - en commençant malheureusement par la notion d' "appropriation", qui ne me plaît pas beaucoup parce qu'elle est excessivement ambiguë (quand se débarrassera-t-on de cette référence à la "propriété" ?). Quoi qu'il en soit, le Placemaking vise à apporter à des habitants (dans un quartier, par exemple) la capacité à concevoir des projets pour des espaces mal fichus autour de chez eux - délaissés urbains, espaces verts à l'abandon ou mal conçus...) pour les rendre accueillants et bénéfiques à tout le monde. Il s'agit d'apporter à des gens ordinaires la confiance dans leur capacité à agir ("empowerment") et à transformer leur environnement. On est loin du service public "presse-bouton" à la française, et cette approche ascendante de l'aménagement n'est pas tellement dans notre culture nationale - ce qui concourt à expliquer qu'il n'y avait pas un seul intervenant français parmi les 25 de la "Placemaking Week" de la semaine dernière à Amsterdam -, mais l'idée fait son chemin chez nous aussi.

    Le PlaceGame, destiné en premier lieu à des habitants qui veulent se lancer dans un projet précis, se présente comme une grille de notation portant sur 16 rubriques réparties dans quatre thèmes (sociabilité, usages et activités, confort et image, accès et liaisons), complétée par quatre questions ouvertes. Elle doit être remplie obligatoirement en vingt minutes sur le terrain, ce qui oblige à observer très attentivement et à aller rapidement à l'essentiel. Il est également demandé aux participants, qui opèrent par petits groupes (idéalement cinq personnes) d'interroger un passant ou un usager sur ses impressions et ses idées pour améliorer l'endroit. Les participants se voient également remettre un fond de plan (en général à faire sur mesure) pour noter leurs observations et leurs idées.

    Ensuite, chaque groupe dispose d'une demi-heure en salle pour négocier (rapidement) une note commune pour chaque thème (échanges utiles, car il peut y avoir des divergences et il est bien de savoir pourquoi), et surtout pour concevoir et dessiner sur plan (en grand format) des propositions. Celles-ci doivent si possible viser d'une part le court terme ("lighter / quicker / cheaper",quand on n'a pas d'argent !) et d'autre part le long terme (avec des ambitions et des moyens). Le dessin doit être utilisé autant que possible pour communiquer de façon vivante et attrayante. Enfin, chaque groupe présente en 10 minutes son diagnostic et ses propositions à l'ensemble des participants.

    Les judicieuses questions conçues par PPS et les fortes contraintes de temps obligent à être très productif, et cet aspect est finalement toujours apprécié des participants bien qu'ils puissent être perplexes au début. Ayant animé des PlaceGames à huit reprises, après une initiation à New-York lors d’une formation chez PPS, j'ai toujours eu un sentiment d'anxiété au départ ("Mais qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir sortir sur des espaces aussi nuls ?"), et finalement cela marche toujours, à tel point qu'il en ressort parfois de vrais projets opérationnels qui pourraient être mis en œuvre tout de suite. Mais comme le PlaceGame est en général sorti de son contexte pour être utilisé comme outil de formation, ces projets partent à la corbeille et c'est bien dommage. Il serait donc bien que le PlaceGame soit utilisé chez nous au service de projets portés par les habitants, et pas seulement pour former des agents de collectivités publiques.


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  • PlaceGame à VannesLe 12 octobre, alors que se tenait à Amsterdam la semaine européenne du Placemaking, les étudiants d'une classe prépa du lycée Saint-François Xavier, à Vannes, ont participé à un PlaceGame. Du fait que ces étudiants travaillent cette année sur les espaces publics à travers le monde, l'opération était tout à fait appropriée à leur formation. Il leur a été demandé d'observer en 20 minutes deux espaces publics du centre-ville (cinq étudiants sur chaque site), à l'aide de la grille du PlaceGame, puis d'exprimer en 30 minutes leur diagnostic et leurs propositions pour améliorer les fonctions de ces espaces - à court terme, dans l'esprit "lighter/quicker/cheaper", et à long terme, avec des ambitions et des moyens.

    L'un de ces espaces (le jardin de Limur) est un jardin public ancien et arboré de 3500 m², au cœur d'un îlot urbain relativement "patrimonial". L'endroit ne manque pas de charme, mais il est enclavé, peu visible, non signalé, et difficile PlaceGame à Vannesd'accès, avec des escaliers un peu partout. L'autre est une sorte de square d'environ 1000 m², situé entre la Poste et la Préfecture et entouré de parkings. En partie amputé par l'entrée d'un parking souterrain, c'est un espace résiduel, peu accueillant en l'état mais qui est au cœur d'un quartier très animé en journée.

    Un des résultats de l'opération "PlaceGame" aura été de faire découvrir à la plupart des étudiants ces espaces situés à moins de 300 m de leur établissement et dont ils ne connaissaient pas l'existence - ce constat en dit long sur l'attractivité et la visibilité de ces lieux. Les propositions ont été très riches, pour certaines réalisables rapidement et à peu de frais, mettant une fois de plus en évidence l'efficacité de cette méthode de travail en temps limité. Il a toutefois été constaté un problème de l'ordre de la temporalité, car si le jardin de Limur était désespérément désert, on sait par ailleurs qu'il peut être bien fréquenté certains jours ou à certains moments de la journée. Quoi qu'il en soit, le PlaceGame aura permis aux étudiants de constater que des espaces auprès desquels on peut passer sans même les voir ont un gros potentiel au service du public, et de constater également que ce potentiel peut se révéler rapidement pour peu que l'on observe les lieux avec un regard aiguisé et à l'aide d'une bonne méthode.

    Merci à Mme Sylvie Busnouf, professeur de géographie, pour avoir été à l'origine de cette initiative. Et merci aux étudiants pour leur enthousiasme et leur forte implication.


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  • Isochrones : encore des progrès !Nous suivons depuis plusieurs années les dispositifs permettant le calcul et la visualisation d'isochrones, en l'occurrence des temps de parcours pour différents modes de déplacement en vue de rejoindre un espace vert, un espace naturel ou n'importe quel lieu de façon générale. Des progrès importants ont été accomplis en quelques années, puisque l'on dispose maintenant de dispositifs en ligne, d'utilisation très simple tout en permettant des réglages précis. La dernière solution présentée ici était celle proposée par Géoportail, mais depuis quelques jours, il y a encore mieux. Il s'agit du site Open Route Service, créé par des chercheurs de l'université d'Heidelberg. Parmi les améliorations apportées par rapport à Géoportail figurent notamment :

    - la possibilité de réglages précis selon le mode de déplacement (par exemple pour le vélo : possibilité de choisir le type de vélo, y compris à assistance électrique, ainsi que le niveau de pratique du cycliste)

    - la possibilité d'exclure des types de routes ou des secteurs que l'on peut délimiter soi-même

    - la possibilité d'exclure les côtes au-delà d'une certaine pente

    - l'association du service à Open Street Map, qui est un système de cartographie collaborative à laquelle chacun peut apporter des précisions ou des compléments, alors que Géoportail est basé sur les cartes IGN qui ne peuvent pas être modifiées.

    Pour avoir testé Open Route Service, les résultats me semblent convaincants puisque je constate une bonne concordance entre les isochrones et les temps de parcours réels. Ce service se prête à une multitude d'usages, privés bien sûr,  mais aussi dans le cadre de la planification urbaine. Pour le sujet qui nous intéresse, il est essentiel de savoir quels sont les temps de trajet à pied ou à vélo pour accéder à un parc et quelle est la part de population proche ou éloignée dudit parc. Néanmoins, les temps de trajet ne sont pas tout, il est intéressant d'intégrer aussi les complexités de parcours, et pour cela il existe le logiciel gratuit DepthMap, déjà présenté ici.

    Illustration : courbes isochrones pour vélo à assistance électrique avec intervalles d’une minute dans une enveloppe de 10 minutes autour du centre d'une ville de 16 000 habitants. Le document permet de constater que la quasi-totalité de la population est à moins de 10 mn du centre et que la voiture ne présente donc aucune utilité pour se déplacer dans la ville !


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  • Des enfants urbanistes ?En 1979, la sociologue Marie-José Chombart de Lauwe considérait avec amertume la place donnée aux enfants dans les villes (1) : "L'absence de l'enfant dans la planification urbaine est une violence passive contre toute cette catégorie d'âge. Les conséquences ? Une nouvelle génération jugée passive face à l'environnement, car durant son enfance elle n'a pu agir son cadre de vie, se l'approprier, ou encore une jeunesse qui n'aura trouvé que la violence pour exprimer son identité en occupant des lieux qui ne lui étaient pas destinés". Il n'est pas sûr que la situation ait fondamentalement changé, au vu de ce que nous avons pu constater dans les documents d'urbanisme. Cependant, les nombreuses initiatives qui se développent à travers le monde sont susceptibles de faire école, et en France, on cherche ici ou là à associer les enfants à des projets d'urbanisme ou d'espaces publics.

    Nous évoquions récemment la Convention des droits de l'enfant (1989) comme référence et source d'inspiration possible. Un article du site Urban Hub (Quand les enfants endossent le rôle d'urbanistes, tout le monde apprécie mieux la ville) nous permet d'aller un peu plus loin dans cette voie : "La Convention [de 1989] défendait la participation des enfants dans tous les processus sociaux, mais il a fallu attendre le début des années 2000 pour que l'UNICEF étende cet objectif en introduisant le concept de ville conçue par et pour les enfants. Au cours de la dernière décennie, des organisations telles que le Children's Environments Research Group et la Bernard van Leer Foundation ont souligné l'importance de l'engagement des enfants dans l'urbanisme. Face à la multiplication des initiatives visant à intégrer leurs idées dans l'aménagement urbain, les villes reconnaissent qu'elles peuvent en tirer des avantages considérables".

    L'article apporte ensuite quelques éléments méthodologiques pour aider à ce que de telles initiatives ne soient pas "juste un jeu d'enfants", ainsi que des références à des opérations jugées exemplaires en Suède, au Japon et en Inde (malheureusement sans liens, donc il va falloir chercher et traduire). Une des difficultés est de passer du stade de la "consultation" à celui de la "co-construction", et d'arriver à porter les idées des enfants jusqu'au stade d'un projet formalisé en évitant qu'elles ne se perdent en cours de route.

    (1) Revue Autrement n° 22, novembre 1979.

     


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  • Observer la ville avec Georges PerecL'écrivain Georges Perec (1936-1982) était un grand amateur de listes et de classements, ainsi que d'exercices de style. Il aimait aussi la Ville et y pratiquer une des activités favorites des sociotopophiles : regarder les gens, les choses, et s'imprégner des ambiances. Dans Espèces d'espaces (1974), il se livre à une sorte de déambulation à travers des espaces emboîtés, nous conduisant de la page d'écriture à l'espace au sens large en passant par le lit, la chambre, l'appartement, l'immeuble, la rue, le quartier, la ville, la campagne, le pays, l'Europe et le monde. En cours de route, il nous propose des méthodes, exercices et travaux pratiques pour nous apprendre à être plus attentifs et réceptifs à ce qui nous entoure. Ainsi, à propos de la rue :

    Observer la rue, de temps en temps, peut-être avec un souci un peu systématique. S'appliquer. Prendre son temps. Noter le lieu, l'heure, la date, le temps. Noter ce que l'on voit. Ce qui se passe de notable. Sait-on voir ce qui est notable ? Y a-t-il quelque chose qui nous frappe ? Rien ne nous frappe. Nous ne savons pas voir.

    La rue : essayer de décrire la rue, de quoi c'est fait, à quoi ça sert. Les gens dans les rues. Les voitures : quels genres de voitures ? Les immeubles (...). Les magasins (...). Les cafés (...). S'obliger à voir plus platement. Déceler un rythme : le passage des voitures (...). Lire ce qui est écrit dans la rue : colonnes Morris, kiosques à journaux, affiches, panneaux de circulation, graffitis, prospectus jetés à terre, enseignes des magasins. Déchiffrer un morceau de ville, en déduire des évidences : la hantise de la propriété, par exemple. Les gens dans les rues : d'où qu'ils viennent ? Où qu'ils vont ? Qui qu'ils sont ? Gens pressés.  Gens lents. Paquets. Gens prudents qui ont pris leur imperméable. (...) Essayer de classer les gens : ceux qui sont du quartier et ceux qui ne sont pas du quartier. (...) Du temps passe. Boire son demi. Attendre. Continuer jusqu'à ce que le lieu devienne improbable. Jusqu'à ressentir, pendant un très bref instant, l'impression d'être dans une ville étrangère ou, mieux encore, jusqu'à ne plus comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas, que le lieu tout entier devienne étranger, que l'on ne sache même plus que ça s'appelle une ville, une rue, des immeubles, des trottoirs... (...)

    En 1969, j'ai choisi, dans Paris, 12 lieux (des rues, des places, des carrefours, un passage). J'ai entrepris de faire, chaque mois, la description de deux de ces lieux. L'une de ces descriptions se fait sur le lieu même et se veut la plus neutre possible : assis dans un café, ou marchant dans la rue, un carnet et un stylo à la main, je m'efforce de décrire les maisons, les magasins, les gens que je rencontre, les affiches, et, d’une manière générale, tout les détails qui attirent mon regard...

    On n'est pas loin des protocoles d'observation des sociotopes et de la "public life", la démarche étant ici orientée vers la production littéraire et inspirée par un souci de capter la diversité du monde dans sa richesse et sa banalité : L'espace fond comme le sable coule entre nos doigts. Le temps l'emporte et n'en laisse que des lambeaux informes. Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes.

    Photo prise à Brest : la page, la rue, la ville, ...le monde.


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  • Les poubelles de CopenhagueParcourant les parcs et les rues de Copenhague, la journaliste américaine Aarian Marshall (Citylab) est fascinée par les nouvelles poubelles installées par la municipalité : elles comportent en effet un dispositif pour le stockage séparé des canettes, bouteilles et autres emballages consignés, de manière à faciliter leur récupération par les SDF, marginaux et fauchés divers. Au lieu de risquer de se blesser et de salir les alentours en fouillant dans les poubelles, ceux-ci peuvent désormais accéder commodément à cette modeste ressource. Pour le maire de Copenhague, il s'agit à la fois de garder la ville propre et "d'apporter un peu plus de dignité à certains de nos habitants marginalisés".

    Ceci nous rappelle que les parcs et espaces publics jouent un rôle social essentiel à l'égard de ceux que les honnêtes gens considèrent comme des "indésirables". Mais on voit tout de suite arriver une critique "de gauche" de cette initiative. J'imaginerais bien Charline Vanhoenaecker en faire un sujet de chronique, pour stigmatiser l'abjection d'un système économique qui préfère poser des poubelles new-look que de s'attaquer aux causes de la pauvreté, ainsi que ce pseudo-humanisme qui s'accommode de voir toujours plus de clodos dans les parcs à condition qu'ils ne salissent pas les pelouses. Bien bien, mais on pourra aussi rétorquer que même si MM. Mélenchon, Macron ou qui vous voulez parviennent un jour à créer une société de prospérité générale où il n'y aura plus de marginaux, l'opération risque de prendre quelques semaines, voire quelques mois, ou même pas mal d'années, et d'ici là il y aura encore des gens qui auront besoin de récupérer des emballages pour les revendre. En attendant cette ère nouvelle, pourquoi ne pas essayer de leur faciliter la vie - et aussi en leur offrant des bancs plutôt que de les enlever ?

    Photo : KBH Pant.


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  • Planifier pour les enfantsPlanifier les villes pour les enfants et si possible avec eux, c'est une bonne manière de créer des quartiers, des rues et des espaces publics plus sûrs pour tout le monde. Mais de telles démarches sont très rares chez nous, où les documents d'urbanisme sont obnubilés par la prise en compte d'une masse croissante de règles d'où les enfants sont exclus. Cela dit, rien n'interdit d'exprimer dans ce cadre un projet urbain qui fasse expressément référence aux besoins spécifiques des enfants.

    Histoire de changer un peu les pratiques, une première chose à faire serait de jeter un coup d’œil à la convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée par la France en 1990. Rappelons au passage que selon notre Constitution, les conventions internationales ratifiées ont "une valeur supérieure à celle des lois". On y lit ainsi que "l'enfant a droit à la liberté d'expression", que l'éducation de l'enfant doit "viser à l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et aptitudes mentales et physiques" et que "les États parties reconnaissent à l'enfant le droit au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives", etc, donc on a déjà là les bases d'un bon programme de travail - rien que pour permettre aux enfants de s'exprimer sur les projets urbains, il y a de quoi faire.

    Une étape suivante peut être de regarder comment les Suédois s'y prennent, dans leur pays ou "l'enfant est roi" à ce qu'il paraît, pour aborder la question dans leurs documents d'urbanisme. Le Schéma directeur de la ville d'Umeå, que j'ai consulté juste parce que je connais la ville, contient les orientations suivantes :

    La ville doit offrir de bonnes conditions aux enfants en ville. Il s'agit d'adapter l'espace urbain aux besoins des enfants et de créer des environnements qui leur permettent de se déplacer, de jouer, d'expérimenter et de grandir sans être exposés à des risques pour la santé ou leur sécurité.

     Plusieurs facteurs contribuent à restreindre la liberté de mouvement des enfants. L'une des raisons est que le trafic automobile a augmenté ces dernières années. Des conditions de trafic sécurisées, adaptées aux conditions de l'enfant, sont donc essentielles pour créer des environnements urbains attrayants pour les enfants et leurs familles. La façon dont les enfants peuvent se déplacer librement dépend principalement de l'existence d'un réseau sécurisé de chemins de promenade cyclables  qui mènent à des lieux importants pour les enfants, tels que les écoles, les installations sportives, les aires de jeux et les lieux centraux. Les habitudes de déplacement des enfants ont un impact significatif sur la santé, l'accessibilité et les facteurs sociaux. Nous créerons des environnements qui incluent l'activité physique dans la vie quotidienne et contribuent à une meilleure santé. Il s'agit par exemple de pouvoir aller à vélo à l'école au lieu d'être conduit en voiture. Il est important que les enfants prennent de telles habitudes tôt.

     

    Les enfants ont besoin de bons environnements extérieurs qui invitent à jouer, qui soient à la fois sauvages et calmes. Ils ont également besoin d'espace pour découvrir le monde seuls ou avec d'autres enfants. Il est important que l'environnement urbain ne limite pas cette liberté aux jeux spontanés. Un parc de district plus vaste peut ainsi offrir un espace pour des jeux plus exigeants et des excursions plus longues. La planification urbaine a une responsabilité majeure pour déterminer dans quel environnement sont placées des écoles ou des aires de jeux. Parmi les facteurs à prendre en compte figurent l'emplacement de ces lieux par rapport aux routes et à l'intensité du trafic routier.

     

    Ne serions-nous pas capables d'écrire de telles orientations dans un SCOT (Schéma de cohérence territoriale) ou dans un PLU (Plan local d'urbanisme) ?

     

    Nous verrons ultérieurement comment le plan d'urbanisme d'Umeå traduit ces orientations.

     

     


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  • Un protocole international pour étudier la vie dans les espaces publicsLe Gehl Institute (fondé par l'urbaniste danois Jan Gehl), la ville de Copenhague, les villes de San Francisco et Seattle viennent de mettre au point la première version d'un protocole normalisé pour l'étude de la "public life", que l'on peut approximativement traduire par "vie dans les espaces publics". L'objectif de cette initiative est de permettre aux observateurs et chercheurs du monde entier de comparer et échanger leurs données numérisées sur la base d'un formulaire identique. Il s'agit de promouvoir l'utilisation d'un langage commun et de critères d'évaluation ("metrics") pouvant être mis en œuvre dans n'importe quel environnement. Cette première version (bêta) est destinée à évoluer pour tenir compte des retours d'expérience.

    Le document méthodologique (téléchargeable ci-dessous) se présente comme une structure de base de données pouvant fonctionner de manière autonome mais aussi être intégrée dans un système d'information géographique. N'attendez pas de moi que je vous en apprenne davantage sur l'aspect "base de données" que je ne maîtrise absolument pas, mais même si on ne se lance pas dans la construction d'une telle base, les critères proposés nous intéressent car ils peuvent enrichir n'importe quel travail d'observation et de prise de notes sur le terrain. A étudier, tester, et faire connaître aussi largement que possible... surtout si l'idée de dépasser le cadre "franco-français" vous séduit.

    Télécharger « PLDP_BETA-20170927-Final.pdf »

    Image : Gehl Institute.

     


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