• L’exemple de la Grèce nous a suggéré que si l'on veut bien vieillir, il n'est pas forcément nécessaire de faire du sport dès lors que l'on a une vie sociale riche. Mais pour les gens qui tiennent absolument à faire du sport, les espaces publics urbains offrent une vaste gamme de possibilités, même s'ils ne sont pas conçus pour cela.

    Un article récemment publié sur le site de la Caisse des Dépôts attire l'attention sur le développement de nouvelles activités sportives en ville et signale que "les rues, les places, les parcs, les squares, les quais, les esplanades sont particulièrement révélateurs des recompositions des pratiques sportives", le plus souvent individuelles et échappant à toute forme d'organisation. Particulièrement intéressants pour nous sont les phénomènes de détournement de certains espaces, qui témoignent à la fois de besoins du public et de qualités spécifiques de certains lieux, mais qui posent aussi divers problèmes aux municipalités : sécurité, maintenance, cohabitation avec les usagers normaux de l'espace... L'article indique aussi que la "gentrification" des villes accroît la demande d'un public jeune et branché, prompt à s'adonner à de nouvelles modes ou à tirer parti de nouveaux lieux, même les plus improbables. D'où des risques de conflits avec les autorités, dont témoignent par exemple, pour prendre un exemple récent, les polémiques autour du "street fishing" à Paris. L'idée d'offrir à ces pratiques des lieux spécifiques n'est pas forcément une solution : cela peut coûter cher à la collectivité et il n'est pas garanti que les aménagements soient utilisés longtemps, lorsque l'on est en présence de modes et qu'une partie du plaisir vient justement du détournement.


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    Chère visiteuse, cher visiteurA propos de ce blog, bonjour !

    Ce blog a été créé le 30 novembre 2010 par Jean-Pierre Ferrand, conseil en environnement à Hennebont (Morbihan), pour promouvoir la méthode des sociotopes (lire ci-dessous) et plus largement l'intérêt et la curiosité pour les espaces publics et leurs usages. Il s'intéresse aussi aux méthodes de création d'espaces publics de qualité avec la participation des habitants ("Placemaking", méthode développée par l'association PPS (Project for Public Spaces).

    Sociotopes et Placemaking sont des manières de pénétrer dans le domaine de l'urbanisme à partir de l'observation de situations quotidiennes et avec des mots simples - juste pour rappeler que l'urbanisme est l'affaire de tout le monde. C'est d'ailleurs pour cela que le blog commence à explorer (2017) le domaine, un peu trop négligé en France, de la participation des enfants aux projets d'urbanisme.

    Il nous tient à cœur d'avoir une ouverture sur les autres pays, c'est pourquoi nous proposons à nos lecteurs de nombreux liens vers des méthodes ou des réalisations à l'étranger (souvent aux USA et en Suède, mais pas seulement) ainsi que des traductions réalisées par nos soins.

    Vous êtes les bienvenus à apporter des informations sur ce sujet, en particulier si vous avez déjà travaillé avec des méthodes identiques ou comparables. N'hésitez pas non plus à donner des avis ou à poser des questions en utilisant le formulaire de contact.

    Les photos sont de l'auteur de chaque article, sauf mention contraire.

    Merci à Nicolas Laruelle (Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France, IAU) pour l'idée de créer ce blog.

    Merci aussi à l'équipe d'Eklablog pour la qualité de ses services.

    Merci de votre visite, et à très bientôt.

    Jean-Pierre

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    Les sociotopes, kékséksa ?

    La notion de sociotope a été conçue et développée à Stockholm par l'urbaniste Alexander Ståhle. Elle analyse la manière dont les "espaces ouverts" sont perçus et pratiqués par les gens, dans une culture déterminée. Le "sociotope" est en quelque sorte pour les êtres humains ce que le "biotope" est aux animaux et aux plantes.

    La notion d'espace ouvert ne se confond pas avec celle d'espace public, car la réalité de l'usage a davantage d'importance que le statut foncier. Il peut donc s'agir d'espaces publics ou privés, ayant un caractère naturel (jardins, parcs, espaces de nature...) ou aménagé (places, quais...)

    La carte des sociotopes décrit les qualités que présentent ces espaces pour la vie quotidienne des gens. Elle se base sur un protocole d’observation qui recourt à l'observation sur le terrain ainsi qu'à des enquêtes auprès de la population. Elle se prête à des utilisations multiples :

    - conception, réaménagement, gestion des espaces ouverts en fonction des besoins exprimés par les habitants

    - élaboration de documents d'urbanisme : implantation optimale des quartiers d'habitat, planification des acquisitions foncières publiques et des réseaux de "voies douces", protection de continuités vertes contre des risques de coupures...

    - études d'impact : prise en compte des impacts de projets d'aménagement sur les utilisations de l'espace par le public...

    Le "Manuel des Sociotopes", qui fournit tous les éléments méthodologiques nécessaires, a été rédigé à l'origine par Alexander Ståhle et édité par le service de l'urbanisme de la ville de Stockholm. Il a été traduit en 2009 à la demande de l'agence d'urbanisme et de développement économique du Pays de Lorient (AudeLor).

    L'apport de la méthode des sociotopes à l'urbanisme, et en particulier à la réussite des projets de villes denses, a fait l'objet d'une conférence d'Alexander Ståhle à Ploemeur, près de Lorient, en septembre 2009. Les actes de cette journée sont téléchargeables sur le site internet du SCoT du Pays de Lorient.


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