• Au sujet des PAVE (Plans d'accessibilité)

    Au sujet des PAVE (Plans d'accessibilité)A la lecture de l'article précédent, certains ont dû se demander si l'auteur avait ne serait-ce qu'entendu parler des PAVE (plans d'accessibilité de la voirie et des espaces publics), qui ont justement pour but d'établir des diagnostics précis des cheminements piétonniers. Et la réponse est que oui, il en a plus qu'entendu parler, et suffisamment pour mesurer les limites de ce genre d'exercice.

    Prenons par exemple le premier PAVE proposé au téléchargement par Google, à savoir celui de la communauté de communes d'Argentan (Orne). Il contient un diagnostic détaillé de 110 km de trottoirs et autres cheminements piétonniers, assorti d'un programme d'actions, mais on constate les limites suivantes :

    Au sujet des PAVE (Plans d'accessibilité)- Le diagnostic des trottoirs se fonde sur une notion de "largeur acceptable" ou "suffisante" : >80 cm "dans les parties les plus étroites sur une faible distance", sinon 1,20 m, porté à 1,40 m s'il y a un mur d'un côté. On est en-deçà des recommandations du CERTU (voir article précédent) selon lesquelles la largeur des cheminements doit être de 1,80 m, voire 2,20 m.

    - Certaines voies n'ont pas été analysées.

    - Une légende sous une photo signale discrètement que "les stationnements illicites sur trottoir n'ont pas été comptabilisés mais ce sont de réels obstacles" - un peu ennuyeux sachant que selon le CERTU, 70 % des obstacles à l'accessibilité sont liés à des objets mobiles (voitures, poubelles...) et que pour résoudre ces problèmes, il suffirait de faire appliquer des règles qui existent. On note d'ailleurs que les "mesures d'accompagnement" des travaux ne prévoient pas d’actions contre le stationnement illicite, s'en tenant à des actions de "sensibilisation au handicap".

    Sur la base de ces critères pas trop regardants, 42 % des cheminements de la ville d'Argentan se révèlent "non praticables" ou "difficilement praticables", ce taux montant à 76 % pour un bourg comme Sarceaux, voire 100 % pour Saint-Loyer-des-Champs. La carte ci-dessus montre la situation aux abords de deux parcs publics d'Argentan.

    Si les critères du CERTU ainsi que les véhicules en stationnement gênant était pris en compte, la situation serait encore plus désastreuse. Mais on voit aussi que les problèmes de stationnement sur trottoirs pourraient être réglés par des actions associant pédagogie et sanctions. C'est cependant sur ce dernier point que le bât blesse, car un automobiliste sanctionné est un électeur en moins. On comprend donc que les communes ayant engagé des actions courageuses en la matière se comptent sur les doigts d'une seule main (par exemple Sotteville-les-Rouen*), et que les municipalités préfèrent engager des travaux (2,9 millions d'euros pour la CC d'Argentan). Si le sujet vous intéresse, vous avez ici un excellent rapport de l'ADEME, qui fustige en matière de stationnement sur trottoirs "un laxisme presque général" (p. 64) ainsi que la négligence de la plupart des PDU (Plans de déplacements urbains) au regard de ce problème.

    * L'ADEME n'est parvenu à trouver que deux communes en France à avoir engagé des actions volontaristes contre le stationnement sur trottoirs (Sotteville et, "dans une moindre mesure", Sainte-Croix-aux-Mines). Une autre source parle également de Bourges.


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