• Espaces privés-publics au Japon

    Espaces privés-publics au JaponAvant de laisser la parole à Apus, qui a des informations pour nous sur les sociotopes japonais, intéressons-nous de plus près à la notion d'espace public au Japon. Nous avons vu, dans un récent article de ce blog, que la distinction entre espace public et espace privé y est non seulement assez récente, mais aussi fluctuante. Un article publié le 17 décembre par Margot Baldassi porte à notre connaissance les recherches de l'urbaniste Thomas Fontanet, qui a étudié les espaces privés ouverts au public à Tokyo.

    Ce cas de figure est différent de celui évoqué précédemment, puisqu'il n'y a ici aucune incertitude quant au statut privé de ces espaces dits "kōkai-kūchi". En fait, il s'agit de l'équivalent japonais des "plazas" américaines dont nous avons beaucoup parlé : en échange de droits à construire en hauteur (ou plus en hauteur que ce qui est fixé par les règlements), les aménageurs s'engagent à créer des espaces ouverts en pied d'immeubles et à les gérer de manière à y accueillir le public général. Il peut aussi s'agir d'espaces privés déjà constitués, mais qui peuvent s'ouvrir au public moyennant des allégements fiscaux. La délimitation physique des kōkai-kūchi est en général visible, même si elle est discrète, et les règles d'utilisation des lieux sont portées à la connaissance du public.

    L'auteur relève que la qualité d'aménagement de ces espaces est en général très supérieure à celle des espaces publics au sens strict, qu'il qualifie d'"assez minimalistes et relativement pauvres en aménités" et "qui ont tendance à négliger la question du confort d'usage". Il note aussi que la loi sur l'urbanisme de 1968 a eu pour effet non seulement de densifier fortement Tokyo, mais aussi, et simultanément, de "générer des espaces publics en quantité (élargissement des trottoirs, création de squares, d'espaces verts, de passages et autres atriums). On assiste alors progressivement à une verticalisation du bâti associée à une multiplication d'espaces privés ouverts au public, dont la vocation première est d'améliorer la qualité des espaces urbains tokyoites".

    Thomas Fontanet ne voit pas d'équivalent aux kōkai-kūchi dans les villes européennes, même si bien entendu, les espaces privés ouverts au public n'y sont pas exceptionnels. Il signale le cas original de la Bücherplatz à Aachen (Aix-la-Chapelle), que nous avons présenté ici il y a plusieurs années comme un exemple plus ou moins convaincant de "partenariat public-privé". Et bien sûr il établit un parallèle avec les plazas américaines et plus généralement avec les "POPS" (privately owned public spaces), dont la carte interactive pour New-York est visible ici.

    Photo trouvée sur le site de Margot Baldassi, auteur non indiqué (Thomas Fontanet ?)


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