• L'enfant et la planification urbaine

    L'enfant et la planification urbaine (1)Nous allons approfondir à partir de maintenant un sujet que nous avons commencé à aborder il y a quelques mois (voir articles du 27 juin 2017), à savoir le rôle que peuvent jouer les enfants dans la planification urbaine. Ce domaine demeure quasiment une "terra incognita" dans ce pays, nous allons donc entreprendre de défricher le terrain ensemble à partir d'un mémoire intitulé "Participation of Children in Spatial Development. Case Study : Stockholm Metropolitan Area" et soutenu en 2012 par Stefanie Oestreich (Institut Royal de Technologie de Stockholm) (téléchargeable ici en anglais).

    Accrochez-vous bien, car il va y avoir de la lecture, mais je pense que cela en vaut la peine. Voici pour aujourd'hui l'introduction du document, qui fixe le cadre de l'étude :

    Faire participer les enfants aux processus de planification urbaine et régionale : l'idée semble utopique à beaucoup de planificateurs. «Trop jeunes», «pas assez de connaissances ou de compétences pour comprendre la complexité de la planification», voilà des réactions typiques de leur part.

     

    Il y a vingt ans, la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant est entrée en vigueur. Elle garantit aux enfants le droit d'exprimer librement leurs opinions sur toutes les questions les concernant. La convention a donné une impulsion aux premiers projets associant les enfants à la planification urbaine, par exemple dans des projets de quartiers, ou l'aménagement de cours de récréation. Par la suite, des méthodes originales ont été développées, et les planificateurs et pédagogues engagés dans ces démarches essaient de développer une prise de conscience autour de la participation des enfants dans l'aménagement du territoire.

     

    Les modalités définies pour la participation des habitants déterminent les groupes qui pourront participer ou se sentir concernés. Quels sont les groupes qui vont se trouver inclus ou exclus dans un processus de participation au travers des instruments et des méthodes mis en œuvre ? Les citoyens qui sont capables d'exprimer leurs besoins sont plus susceptibles de voir ceux-ci pris en compte. D'un autre côté, les enfants appartiennent à un groupe qui doit être activé, et les méthodes doivent correspondre à ce groupe spécifique. Les méthodes traditionnelles de participation à la planification, par exemple faire travailler les gens sur un plan détaillé, ou encore les grandes réunions de débats, ne sont pas adaptées aux enfants. Il en résulte que ceux-ci sont exclus et que leur opinions et leurs demandes ne sont pas intégrées dans le processus de planification. Il est pourtant possible de connaître les besoins et points de vue des enfants sur l'espace, et de les faire connaître aux planificateurs.

     

    Qu'est-ce qui rend un endroit intéressant, répulsif ou dangereux pour les enfants ? Les caractéristiques d'une ville ont une influence directe sur la façon dont les enfants grandissent. Si l'on considère les jeux des enfants dans une perspective historique, on constate qu'autrefois, les enfants jouaient partout dans les rues des villes. Vers les années 1960, il y a eu un déplacement vers «l'intérieur». De nos jours, les appartements ainsi que les structures spécialement créés pour les enfants, tels que les centres de loisirs, les terrains de jeux ou les installations sportives, sont les endroits les plus importants pour les enfants, au côté de l'école ou de la garderie. A l'origine de ces changements, on trouve l'augmentation du trafic automobile et la séparation entre logements et travail dans les nouveaux quartiers urbains. Dans ce contexte, la rue perd son importance en tant que lieu de socialisation. Cependant, l'espace public reste un lieu où les enfants passent une partie de leur temps chaque jour. La planification urbaine peut influencer directement la vie des enfants et des jeunes grâce à des mesures de planification. Leur participation est une exigence essentielle pour que l'on puisse créer des espaces qui leur soient adapté.

     

    Il y a beaucoup d'exemples positifs de projets ou de municipalités qui impliquent les enfants dans la planification urbaine. Cependant, la participation des enfants à la planification reste rare dans la plupart des pays et municipalités. Cela est en contradiction avec la notion de démocratie et va à l'encontre de la Convention sur les droits de l'enfant. La Suède et en particulier la commune de Stockholm seront au centre de notre étude de cas. Celle-ci sera prise comme exemple pour montrer comment les droits des enfants à la participation peuvent être structurellement intégrés dans la planification urbaine.

    A suivre...

    Voir aussi un bon article sur le site du sociologue Jean-François Marcotte.

     

    Photo : des enfants d'une école du Morbihan travaillent sur leurs pratiques de l'espace communal, dans le cadre d'un "plan de référence" urbain.

     


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