• L'enfant et la planification urbaine : cas pratiques (2)

    L'enfant et la planification urbaine : cas pratiques (2)Suite et fin de l'article précédent :

     

    Ville d'Örebro (130 000 habitants)

     

    Objet : Planification d'un nouveau centre d'échanges.

     

    La municipalité d'Örebro a elle aussi choisi d'impliquer les enfants dans la planification d'un nouveau centre d'échanges. L'accent est mis sur la participation des enfants plus âgés. Ceux-ci ont entre 16 et 19 ans et suivent des cours axés sur les technologies de l'information, le design, l'environnement ou l'entrepreneuriat. Le premier groupe de jeunes ayant eu l'occasion d'exprimer leurs pensées était des stagiaires qui travaillaient sur le projet. Le projet de participation a débuté avec des explications sur la structure et les responsabilités au sein de la municipalité et dans le domaine de l'aménagement, ainsi qu'avec une formation approfondie sur la Charte des droits de l'enfant. Un objectif est de développer et d'acquérir de l'expérience avec des méthodes impliquant les enfants dans les processus de planification. Le projet porte sur la refonte d'un centre d'échanges datant de 1860 qui coupe la ville en deux, ce qui est problématique pour les habitants et augmente les besoins de déplacements.

     

    Les nouvelles idées sont d'un grand intérêt. Jusqu'à présent, les jeunes se sont concentrés sur le développement d'abribus utilisant la technologie informatique. Ils veulent avoir des contacts avec les autorités et sont motivés par le fait que la mission est connectée à la réalité. Il est donc important que les autorités soient ouvertes à l'influence des jeunes.

     

    Ville d'Östersund (50 000 habitants)

     

    Objet : Plan d'aménagement du quartier de Torvalla

     

    Le projet de participation porte sur un plan d'aménagement de détail dans le quartier de Torvalla. Le secteur d'étude est situé dans une zone naturelle populaire et très fréquentée. Des parties de la zone sont prévues pour être construites. Le but du projet est de sauvegarder les parties et fonctions de ce secteur qui sont importantes pour les enfants. Les écoles et les établissements préscolaires adjacents sont impliqués dans différentes activités afin d'analyser où les enfants jouent et quelles sont leurs idées pour le quartier. Des enfants de différents âges sont impliqués dans le projet et différentes méthodes sont utilisées telles que la peinture, le photomontage, le dessin sur des photos aériennes ou la construction de petites maisons.

     

    La participation des enfants d'âge préscolaire a été introduite par une promenade dans la forêt. Une mascotte, l'élan "Trampe", est devenue la figure centrale de la participation. "Trampe vit dans la forêt. Comment a-t-il envie que ce soit là-bas ?" Le travail a été conduit avec l'aide de cartes et de photos aériennes. 13 enfants ont été invités à présenter leurs idées aux architectes et aux cartographes de la ville.

     

    L'accès des enfants plus âgés à la participation et à des remue-méninges a été abordé dans une perspective historique : "Que se passait-il ici il y a cent ans et pourquoi ?" Le processus de participation s'est concentré sur la méthode de construction du modèle. Les modèles ont été présentés au public, y compris les fonctionnaires et les élus. Les médias ont également été impliqués et ont soutenu l'attention portée au projet. Le but final est de créer un plan de projet dont les enfants soient satisfaits. Il est prévu une journée d'évaluation des résultats de la participation.

     

    Résumé / réflexions

     

    Toutes les municipalités axent leur projet de participation sur différents aspects de la planification urbaine. Les groupes cibles sont choisis en fonction de la nature du projet. Il est important que les enfants puissent s'appuyer sur le sujet. Plus un sujet est abstrait, plus les enfants impliqués doivent être âgés. Le groupe d'enfants impliqués à Örebro, par exemple, est limité aux plus de 14 ans. Cela peut s'expliquer par l'objectif du projet, qui traite d'un sujet assez abstrait : il s'agit de trouver des idées pour améliorer une gare existante, et pour relier deux parties de la ville entre elles. La ville de Trelleborg traite également d'un sujet similaire, mais elle a choisi d'impliquer les enfants d'un groupe d'âge plus large. Par conséquent, il y avait des questions très concrètes dans lesquelles des jeunes enfants pouvaient se retrouver, comme «Imaginez que vous alliez chercher vous-même votre grand-mère à la gare.»

     

    Si l'on veut situer ces deux projets sur une échelle de la participation, on peut les mettre à différents niveaux. Tandis que les enfants d'Örebro se tournent eux-mêmes vers les autorités et lancent leurs propres projets, le projet de participation à Trelleborg est entièrement guidé et organisé par des adultes, ce qui a priori n'est pas un indice de qualité ni de succès pour un projet de participation avec des enfants. Il faut souligner que, pour chaque projet, le degré de participation mérite réflexion : un degré plus élevé de participation ne signifie pas que le projet est meilleur. Ce qui compte, c'est le résultat, et il peut être préférable de diminuer l'indépendance des enfants si on se rend compte qu'on leur en demanderait trop. Lorsque les très jeunes enfants sont impliqués, le degré ne peut pas être trop élevé, et le soutien d'un adulte est nécessaire pour travailler avec eux. Mais comme le montrent les exemples, cela ne signifie pas qu'il n'est pas possible d'atteindre de bons résultats avec des méthodes très ludiques. C'est seulement une façon de classer les projets et cela ne préjuge pas de leur succès.

     

    Photo : atelier d'enfants dans le quartier de Torvalla à Östersund. Source : öp.se.


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