• L'Etat, la trame verte et les sociotopes

    L'Etat, la trame verte et les sociotopoesLe SCoT (Schéma de cohérence territoriale) du Trégor, approuvé en mars 2013,  est le premier en France à faire référence à la méthode des sociotopes, en invitant les communes qui élaborent un PLU (Plan local d'urbanisme) à inventorier leurs sociotopes. Il identifie aussi une "structure verte et bleue" à fonctions clairement polyvalentes (écologiques, sociales et de services), en attendant  d'en savoir plus sur le contenu de la Trame verte et bleue issue des lois Grenelle. Il est donc intéressant de connaître la position de l’État sur cette approche locale.

    Des informations figurent dans l'avis (public) de l' "Autorité environnementale" (à savoir "l'autorité de l’État compétente en matière d'environnement") émis le 12 avril 2012 sur le projet de SCoT du Trégor. En l'occurrence, ce document observe que "(la) fonction écologique fondamentale de la trame verte et bleue a tendance à disparaître derrière les fonctions paysagères et sociales, quand le SCOT prescrit de réaliser les aménagements opportuns pour favoriser l'accès des habitants à la structure verte et bleue du Trégor. L'Autorité L'Etat, la trame verte et les sociotopoesenvironnementale attire l'attention sur ces risques et suggère que la fonction écologique de la trame verte et bleue retrouve un poids prépondérant par rapport à sa valorisation sociale voire touristique".

    Cette position est logique, l’État ne faisant que rappeler la doctrine inscrite dans la loi Grenelle 2. Elle mérite tout de même d'être rapprochée du contenu du SCoT, qui consacre plusieurs pages à la structure verte et bleue, en rappelant en premier lieu ses fonctions écologiques mais en signalant aussi les services qu'elle rend à la collectivité, y compris au titre des activités de pleine nature. Le SCoT prescrit effectivement qu' "à l’occasion de l’élaboration ou de la révision de leur document d’urbanisme, les communes prévoiront les aménagements opportuns pour favoriser l’accès des habitants à la structure verte et bleue du Trégor." Mais il ajoute immédiatement que "cet accès devra toutefois rester modéré, une fréquentation excessive de la trame pouvant perturber la tranquillité de la faune locale". On ne voit donc pas pourquoi l'Autorité environnementale croit devoir attirer l'attention sur des "risques" parfaitement perçus au niveau local ; et on peut trouver curieux que l'idée de favoriser l'accès des habitants à la nature soit considérée avant tout comme un "risque", plutôt que comme une opportunité bénéfique à la protection de la nature. Derrière cet avis, on perçoit la volonté de l’État d'imposer la doctrine officielle à des collectivités pouvant avoir des approches un peu différentes. Encore une fois, le discours "Je ne veux voir qu'un seule tête" peut se comprendre dans un État de droit, mais les belles paroles sur l'intérêt des approches et expérimentations locales en matière de trame verte et bleue sont déjà oubliées. C'était malheureusement à prévoir.

    Photos : sur la commune de Saint-Quay-Perros (pays de Lannion / Trégor), c'est un travail réalisé avec les enfants qui a permis de renaturer un ruisseau et de retrouver une biodiversité disparue, dans une extrémité de trame verte et bleue reliant le cœur du bourg à la campagne. C'est la fonction sociale et pédagogique de cet espace, affirmée par la municipalité, qui a permis de faire revenir des espèces disparues du milieu aquatique. Qu'en pense l'Autorité environnementale ?

    Date de l'article : 9 juin 2013.

     


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