• L'urbanisme tactique et les sociotopes

    L'urbanisme tactique et les sociotopesJ'ai assisté aujourd'hui à un "webinaire" (conférence / débat par internet) sur l'urbanisme tactique, organisé par l'association américaine NACTO (National Association of City Transportation Officials), qui anime un réseau international sur les manières "alternatives" de concevoir les déplacements, en partant des besoins de l'usager et en privilégiant les déplacements doux. Leurs publications sont d'une qualité remarquable, en particulier leur "Urban street design guide" qui devrait être offert à tous nos ingénieurs travaillant sur la voirie des villes.

    Les présentations font voir des quantités d'exemples passionnants à travers le monde, ayant en commun de débuter par des initiatives locales avec les moyens du bord ("pop-up"), puis d'embarquer les autorités, convaincues du bien-fondé de ces actions qui arrivent à enclencher de profonds changements. Mon propos n'est pas de présenter ces L'urbanisme tactique et les sociotopesexemples, qu'on trouve à la pelle sur internet (ainsi que dans l'excellent livre "Reconquérir les rues", de Nicolas Soulier), mais de m'arrêter sur un point de méthode qui me semble important : la nécessité de mesurer ce que l'on fait.

    Une des présentations commente cette phrase de M Bloomberg, mécène de NACTO et ex-maire de New-York : "If you can't measure it, you can't manage it" (Si vous ne pouvez pas le mesurer, vous ne pouvez pas le gérer). L'idée de base est que toute initiative doit s'accompagner d'outils de mesure, de manière à ce qu'à partir d'une situation initiale donnée (et mesurée), on soit capable d'évaluer les changements induits par les initiatives et de rectifier le tir si nécessaire. Cela permet aussi de communiquer et de débattre avec des contradicteurs sur la base de données sérieuses et pas sur des impressions "au doigt mouillé". Appliqué par exemple au réaménagement d'un carrefour, cela implique par exemple, "avant" et "après", de comptabiliser et cartographier les flux et les surfaces, d'évaluer la proportion de différents types d'usagers et de modes de déplacement, de recenser les accidents, etc. Aussi sympathiques soient-elles, des initiatives spontanées de réaménagement d'espaces publics risquent fort de ne pas s'installer dans la durée si elles ne sont pas accompagnées d'outils de mesure. Là-dessus, on peut sûrement faire confiance au milliardaire Bloomberg, qui doit connaître l'importance de savoir compter.


  • Commentaires

    1
    Apus
    Vendredi 9 Février à 09:56

    Oui tout à fait d'accord sur l'importance de mesurer les impacts d'un aménagement mais attention, que doit-on mesurer!

    Faut-il mesurer le nombre de véhicules, de piétons ou bien le confort, le plaisir des lieux? Il est plus facile de mesurer le quantitatif que le qualitatif et alors la mesure peut s'avérer contre indicative de la qualité d'un aménagement.

    Alors mesurer oui mais pas n'importe quoi ni n'importe comment. Ce qui devient une question politique: Que veut-on mesurer et pourquoi? Et une question technique ardue: Comment mesurer la qualité?

      • Vendredi 9 Février à 10:20

        Très juste ! Mais on peut aussi mesurer la qualité au travers de la typologie et du comportement des usagers. Si on considère qu'un espace accueillant est capable d'attirer un échantillonnage représentatif de la population dans sa diversité (donc avec une proportion équilibrée de femmes et d'hommes, des jeunes, des enfants et des vieux), utilisant des modes de déplacement différents et pratiquant des activités différentes (pas seulement passer en voiture), on a là des indicateurs objectifs et mesurables d’une qualité subjective.

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