• La France vue des sociotopes

    La France vue des sociotopesEn ces temps électoraux, nous sommes abreuvés de discours apocalyptiques sur notre pauvre France au bord de la faillite, en situation pré-insurrectionnelle, où les liens sociaux se délitent pour faire place à l'indifférence voire à la violence, etc. Il y a peut-être du vrai là-dedans, ou peut-être pas, toujours est-il que notre propos du jour est de prendre la température de quelques sociotopes entre Loire-Atlantique et Vendée, sous le soleil printanier.

    Premier arrêt à Pontchâteau, petite ville où un récent aménagement paysager permet aux habitants de paresser au soleil sur des gradins aménagés au-dessus de la rivière en plein centre-ville, puis de se balader le long de celle-ci ; manifestement, ces nouveaux espaces de liberté ont du succès. La France vue des sociotopesSeconde escale à Pornic, où un libraire ambulant a installé son camion sur une jolie place ombragée avec vue sur mer. On cause autour des bouquins, pendant qu'un vieux monsieur à la barbe fournie est assis sur un banc non loin de là, plongé dans la lecture d'un livre. Des enfants jouent sur la plage, des gens se baladent le long de la mer et font du lèche-vitrines.

    Le lendemain, à Noirmoutier, il y a du monde sur les places, les plages et les sentiers côtiers, bien que les vacances n'aient pas débuté. Beaucoup de retraités fort détendus, comme celui-ci qui nous déclare "C'est tranquille en Vendée, hein ! Pas comme ailleurs !", ce à quoi je lui réponds qu'en Morbihan c'est plutôt tranquille aussi, et j'aurais d'ailleurs pu en dire autant du Gers, de l'Yonne, de l'Aube, de l'Orne ou des La France vue des sociotopesArdennes, sans parler de la Creuse ou de la Lozère, entre autres. Du monde aussi à pied et à vélo sur la digue du Müllembourg, pour voir les bateaux et les nuées d'oiseaux aquatiques qui animent le marais. Les espaces publics de l'île, urbains et naturels, sont propres et accueillants.

    Après quelques autres étapes, voici les marais et la forêt d'Olonne, tout aussi bien tenus, et leurs multiples utilisateurs - cyclistes, surfeurs, ornithologues, saucissonneurs en famille... Puis, un peu plus loin, les dunes de Jard-sur-Mer et l'embouchure du Payré. Cyclistes et marcheurs se saluent lorsqu'ils se croisent, une marque de civilité plutôt rare il y a trente ans - d'ailleurs, à cette époque, il n'y avait pas tous ces chemins et pas non plus beaucoup de monde dehors. Les vieux, qui crapahutent aujourd'hui en tenues de sport, restaient le dimanche devant leur télé à regarder Jacques Martin, quand "c'était mieux avant". Sur le chemin du retour, pause pique-nique aux Lucs-sur-Boulogne, où le bourg offre au visiteur un bel espace vert reliant le cœur du bourg à un étang. Gestion différenciée des espaces verts, jeux d'enfants en bordure d'un ruisseau, coins d'herbe pris d'assaut par les tribus en pique-nique, tout y est, que demander de mieux ?  Enfin, dernière escale sur la rive gauche de la Loire à l'aval de Nantes, et découverte du canal de la Martinière qui est un des grands sociotopes des Nantais, avec ses foules de promeneurs, ses pêcheurs de carpes, ces familles encore attablées au milieu de l'après-midi pendant que les enfants jouent alentours...

    En conclusion, ça pourrait être pire. Mais si toute cette vie sociale somme toute harmonieuse est possible dans les espaces publics, c'est aussi grâce à l'impôt, qui permet aux collectivités d'offrir de tels services, au demeurant gratuits et démocratiques. Et ça, c'est un sujet politique (voir ici dans ce blog).

    Photos : canal de la Martinière, dimanche 9 avril 2017


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