• La nourriture (suite)

    La nourriture (suite)(Suite de la traduction de "The Social Life of Small Urban Spaces", par William H. Whyte)

    Nous avions proposé que les règles d'urbanisme à New-York imposent de réserver des emplacements pour de la restauration de base sur toutes les nouvelles plazas ainsi que dans les parcs. La commission de l'urbanisme trouva que cela allait un peu trop loin, et cette exigence ne fut finalement pas été intégrée. Mais des kiosques de vente et d'autres structures sont maintenant encouragés alors qu'ils auraient auparavant été considérés comme des gênes. C'est le cas des cafés en plein-air : jusqu'à 20% des espaces extérieurs peuvent leur être affectés. Ces dispositions ont aussi été rendues rétroactives pour faciliter l'installation de cafés et autres commodités sur des plazas existantes.

    Une heureuse justification de nos préconisations a été fournie par l'administration municipale elle-même. Attenant au bâtiment des services de la Ville se trouvait un vaste espace, la plaza Saint Andrews, et la présidente du conseil municipal du quartier de Manhattan, Jolie Hammer, eut l'idée d'y mettre un café de plein-air proposant de la nourriture ethnique. Elle harcela diverses organisations pour leur faire donner des tables et des chaises, et obtint de cafés et de pâtisseries de la Petite Italie toute proche qu'ils veuillent bien y installer des stands. Plus tard, elle amena des Chinois et de la soul-food [cuisine du sud des E.U.]. L'opération fut un succès immédiat, avec 500 à 600 personnes à l'heure de pointe du midi.

    Mme Hammer offrit aussi une belle leçon d'utilisation de l'espace. Au lieu de disséminer les installations à travers un grand espace, elle les regroupa et, avec la main de fer d'une bonne hôtesse, elle resserra les tables.  Il en résulta que les gens étaient très proches les uns des autres, et qu'il était difficile de ne pas faire la queue ou d'avoir à se frayer un chemin entre les tables. Très rapidement, la plaza devint un formidable lieu d'échanges entre les gens de la Ville, et sous n'importe quel critère, c'est là un des lieux les plus sociaux qui soient. Je n'ai jamais vu autant de gens engageant des conversations, se présentant les uns aux autres ou se disant bonjour ou au revoir. Si on faisait des recherches, on s'apercevrait sans doute que beaucoup de mariages et d'enfants peuvent être reliés à une journée d'été sur la place Saint Andrews.

    Photo : café de plein-air dans un jardin public de Lisbonne.


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