• La vie dans les dents creuses (suite)

    La vie dans les dents creuses (suite)Sous cet élégant titre, nous avons évoqué ici il y a deux ans un projet de modification de la loi Littoral, destiné à permettre d'urbaniser dans les interstices de secteurs déjà urbanisés des communes littorales. Cette modification ayant été votée, le sujet revient à l'ordre du jour car on me demande d'évaluer les incidences environnementales de la modification d'un SCOT (schéma de cohérence territoriale) afin d'intégrer ces nouvelles dispositions. Une quarantaine de lieux-dits ont été retenus, et il m'incombe dans les jours à venir d'analyser dans chaque cas les incidences de constructions supplémentaires dans ces fameuses "dents creuses".

    Le cahier des charges demande d'étudier les thèmes environnementaux habituels (milieux naturels, paysages, pollutions, nuisances, risques etc), mais il m'a semblé utile d'y ajouter deux autres thèmes : d'une part les déplacements, et d'autre part les conditions de vie de populations spécifiques (enfants, jeunes, personnes âgées, personnes handicapées) qui pourraient être amenées à vivre dans ces lieux. Selon les cas, on peut en effet avoir affaire à des environnements plutôt agréables et potentiellement épanouissants - avec par exemple de bonnes possibilités de vie sociale, de jeux, d'accès aux espaces naturels... - ou au contraire à des situations d'enfermement au milieu des champs de maïs. Relevons dans ce dernier cas que pas mal de gens sont prêts à aller s'enterrer dans de tels lieux pour profiter d'une opportunité foncière, sans réfléchir aux incidences sur la vie de leurs enfants ou sur la leur au cas où leur situation physique se dégraderait. Cette dimension sociale me semble importante en matière d'évaluation environnementale et voilà donc une occasion de l'aborder.

    A suivre !

    Photo : un des lieux-dits concernés par l'étude. Comme dans beaucoup de communes littorales de Bretagne, on a affaire à des agglomérats d'habitations récentes greffés sur de petits noyaux d'anciennes fermes. Y a-t-il un intérêt général à renforcer de telles formes d'urbanisation ? L'étude devrait aider à s'en faire une idée.


  • Commentaires

    1
    Apus
    Vendredi 10 Janvier à 09:12
    Ce qui manque le plus dans ces agglomérats c’est une vie collective. Peut-on imaginer des communs de village bien pensés pour accompagner une éventuelle densification de dents creuses ? Communs qui pourraient par ailleurs être un point de ralliement pour une mobilité collective ou partagée.
      • Vendredi 10 Janvier à 20:14

        Très juste, c'est d'ailleurs pour cela que lors d'une étude sur les formes d'urbanisation littorales pour le SCOT du Pays de Retz, j'avais préconisé que des ouvertures à l'urbanisation soient conditionnées, entre autres, à la réalisation d'équipements collectifs favorisant la vie sociale (cheminements doux internes + espaces communs à fonctions de jeux et de rencontre). Cette proposition a été intégrée dans le DOO (je viens de vérifier). Resterait à savoir ce que cela a pu donner concrètement depuis 2013...

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :