• La vie sociale des petits espaces urbains (1) : introduction

    Le vie sociale des petits espaces urbains (1) : introductionEt c'est parti pour la traduction du livre de W.H. Whyte, The Social Life of Small Urban Spaces ! (NB : il m'arrivera de sauter quelques passages que je n'arrive pas à traduire, et j'ai conscience que le résultat n'est pas toujours impeccable, mais je ne suis pas un pro !).

    Ce livre parle des espaces urbains, de ce qui fait que certains fonctionnent pour les gens et d'autres non, et des leçons pratiques que l'on peut en tirer. Il est le sous-produit d'observations de première main.

    En 1970, j'ai formé un petit groupe de recherche, le projet Street Life, et j'ai commencé à regarder les espaces urbains. A cette époque, l'observation directe était utilisée de longue date pour étudier les habitants de terres lointaines, mais on n'y avait guère eu recours dans les villes américaines. Le projet Street Life a débuté ses études en s'intéressant aux parcs municipaux de New-York, aux terrains de jeux, et  des espaces de récréation informels tels que les îlots urbains. Une des premières choses qui nous frappèrent fut l'absence de gens dans beaucoup de ces lieux. Quelques-uns étaient bondés, mais il y en avait bien davantage qui était plus vides que pleins, souvent dans des quartiers très densément peuplés. L'espace par lui-même n'était pas spécialement attractif pour les enfants ; mais beaucoup de rues l'étaient.

    On suppose souvent que les enfants jouent dans les rues parce qu'ils manquent de terrains de jeux. Mais beaucoup d'enfants jouent dans la rue parce qu'ils aiment ça. Un des meilleurs espaces de jeux que nous ayons rencontrés était un cœur d'îlot dans la 101è rue, à Harlem Est. Il avait ses problèmes, mais il fonctionnait. La rue elle-même était le terrain de jeux. Les issues d'incendie adjacentes fournissaient d'excellents points de vue sur la rue et étaient très appréciées des mères et des personnes âgées. Il y avait aussi d'autres facteurs en cause et, si nous avions eu un peu plus d'intuition, nous aurions pu nous économiser beaucoup de temps plus tard à observer les plazas [places privées à usage public au pied des gratte-ciel]. Nous ne le savions pas alors, mais ce secteur renfermait tous les éléments de base qui font le succès d'un espace urbain.

    A mesure que nos études nous rapprochaient du centre de New-York, les déséquilibres dans les usages de l'espace devenaient plus visibles. L'essentiel du peuplement se concentrait dans des séries de points d'étranglement - autour des stations de métro, en particulier. Ces espaces ne représentent qu'une fraction du centre, mais le nombre de gens qui les utilisent est si élevé, l'impression est tellement marquante que notre perception de l'environnement urbain en est imprégnée, sans commune mesure avec les dimensions des lieux concernés. Ceci affecte aussi les chercheurs. Nous voyons ce que nous nous attendons à voir, et nous avons été tellement conditionnés à voir les espaces bondés du centre qu'il est souvent difficile de voir ceux qui restent vides.  Mais lorsque nous nous sommes mis à regarder, ils étaient là.

    (à suivre)

    Photo : du monde autour de la station de métro Union Square, N.Y.


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