• La vie sociale des petits espaces urbains (8) : la vie des Plazas (fin)

    La vie sociale des petits espaces urbains (8) : la vie des Plazas (fin)Dans quelle mesure ces modèles [de fonctionnement des plazas] sont-ils spécifiques à New-York ? Notre supposition était que les comportements dans d'autres villes seraient probablement peu différents, et les comparaisons que nous avons effectuées par la suite ont permis de le vérifier. La variable importante est la taille de la ville. Comme je le préciserai par la suite, dans les villes de moindre importance, les densités sont plus faibles, les piétons se déplacent moins vite, et on observe moins cette activité sociale qui caractérise les lieux intensément fréquentés. Pour le reste, les modèles applicables aux piétons sont similaires.

    Les observateurs d'autres pays ont eux aussi noté la tendance à l' "auto-congestion". Dans son étude sur les piétons de Copenhague, l'architecte Jan Gehl a cartographié des modèles de concentration quasi identiques à ceux observables ici. Matthew Ciolek a étudié un centre commercial australien, avec des résultats similaires. "A l'opposé du sens commun", note Ciolek, "il est apparu que la grande majorité des gens choisissent leurs lieux d'interactions sociales en plein sur les lignes de déplacements qui traversent la plaza, ou tout près de celles-ci . Assez peu de gens se regroupent à l'écart des axes empruntés pour aller d'un point à un autre".

    Les plus fortes similitudes se trouvent dans les plus grandes villes du monde. Les gens tendent à s'y comporter de la même manière d'un pays à l'autre, alors que les différences sont plus marquantes avec le comportement de leurs compatriotes vivant dans de plus petites villes. Les habitants des grandes villes marchent plus vite et s'agglomèrent d'eux-mêmes. Après avoir achevé notre étude sur New-York, nous avons effectué une brève étude comparative sur Tokyo et nous y avons trouvé la même inclination à s'arrêter et parler aux portes d'entrée des grands magasins, aux carrefours animés etc., avec la même intensité qu'à New-York. Quant à la manière dont les gens s'assoient dans les parcs et sur les plazas, elle est pratiquement la même quelles que soient les différences culturelles. Dans le même ordre d'idées, les modèles de socialisation dans la Galerie Victor Emmanuel II à Milan ressemblent remarquablement à ceux observés dans le quartier du vêtement à New-York. Une conclusion modeste : pour une même structure de base d'un centre urbain, avec notamment de gros volumes de piétons et un mélange d'activités, les gens dans un endroit ont tendance à se comporter de la même manière que les gens dans un autre endroit.

    NB : nous avons signalé dans cet article que les méthodes de Whyte ont été récemment mises en œuvre en Chine. Si certains résultats sont comparables, d'autres diffèrent, en particulier en ce qui concerne les distances sociales qui sont sensiblement plus réduites en Chine par rapport aux Etats-Unis.

    Photo : New-York, Times Square.


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