• Les AVAP, les espaces publics et les habitants

    Les AVAP, les espaces publics et les habitantsVous ne connaissez pas les AVAP ? Dépêchez-vous de vous y mettre, car ces "aires de valorisation de l'architecture et du patrimoine", qui ont succédé récemment aux poétiques ZPPAUP (zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), pourraient bien être emportées un de ces jours par une énième réforme législative, car on n'arrête pas le progrès. Toujours est-il que ces dispositifs, placés sous l'autorité de l'Architecte des Bâtiments de France du département, ont pour but de définir les modalités de protection et de mise en valeur desdits patrimoines, et d'instituer des règles précises permettant des approches plus fines que les fameux périmètres de protection des monuments historiques. Et pour être dans l'air du temps, ces AVAP englobent désormais  un volet "environnemental" et "développement durable". Vous suivez ?

    Bien, donc notre propos du jour est de nous demander si Les AVAP, les espaces publics et les habitantsles procédures d'AVAP, qui incluent un copieux volet d'études préalables, s'intéressent à la manière dont les habitants qui vivent au milieu de tous ces patrimoines les pratiquent quotidiennement, que ce soit par exemple pour les contempler, s'y divertir ou s'y déplacer, en pestant éventuellement contre ces f... pavés disjoints et classés sur lesquels on ne peut pas faire passer une poussette, mais que voulez-vous, l'Esthétique est d'un ordre plus élevé que ces considérations bassement matérielles.

    Pour ce faire, nous allons examiner un cahier des charges d'études d'AVAP (ici) et constater que, fort curieusement, les habitants et les visiteurs ne sont évoqués nulle part. Il est bien question de géomorphologie, de cartes anciennes, de perspectives, de qualité architecturale, de flore ou d'énergies renouvelables, mais à aucun moment n'est suggéré l'idée que ces patrimoines, les gens peuvent marcher dessus ou s'y assoir, les toucher, les contempler, les ignorer ou même les détester. A en juger par ce cahier des charges, les gens demeurent donc une terra incognita des études d'AVAP et on se demande bien pourquoi : ignorance des outils appropriés, absence d'obligation légale de s'y intéresser, vision figée et bureaucratique  d'un patrimoine qui n'existe que pour ses gestionnaires ? A l'image de l'Approche Environnementale de l'Urbanisme (AEU®), qui s'est ouverte à ces questions après les avoir ignorées, les AVAP gagneraient en intérêt si elles évoluaient dans le même sens.

    Photos : en haut, Rouen ; en bas : bande de marche et de roulement entre les pavés du centre historique de Kronach, Allemagne.


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