• Les "indésirables"

    Les "indésirables"A nouveau un extrait traduit du livre de W.H. Whyte, "The social life of small urban spaces" :

    Si les bons endroits sont aussi bénéfiques, pourquoi n'en fait-on pas davantage ? La principale raison, c'est le problème des « indésirables ». Ils ne sont pas tellement un problème par eux-mêmes ; ce sont les mesures prises pour les combattre qui posent problème. Beaucoup d'aménageurs craignent de façon quasi obsessionnelle que si un endroit est attrayant pour les gens, il le soit aussi pour les indésirables ; c'est pourquoi on le rend inattractif. Défense de traîner, de manger, de s'asseoir... un vrai sermon calviniste ! Et voilà pourquoi on a des bancs trop courts pour s'y allonger, des pointes sur les corniches... et surtout, beaucoup d'espaces dont on aurait besoin ne sont tout simplement pas proposés, les projets pour en créer sont torpillés...

     

    Qui sont les indésirables ? Curieusement, pour la plupart des aménageurs, ce ne sont pas les criminels, les marchands de drogue, les gens vraiment dangereux. Ce sont les ivrognes (« winos »), les épaves qui boivent des bouteilles dans un sac en papier – les plus inoffensifs parmi les marginaux de la cité, mais des symboles, peut-être, de ce que chacun pourrait un jour devenir. Pour les commerçants, la liste des indésirables est encore plus longue : ce sont des « bag-women » (femmes trimballant leurs affaires dans un gros sac), des gens qui se comportent bizarrement en public, des « hippies », des ados, des vieux, des musiciens de rue, des vendeurs en tous genres...

    (…) Les lieux conçus dans la méfiance récoltent ce qu'ils recherchent, et il est amusant de remarquer que c'est justement là que l'on va en général trouver un ivrogne. Vous pouvez en trouver n'importe où, mais ce sont les endroits vides qu'ils préfèrent ; et c'est aussi là qu'on les remarque, comme si, inconsciemment, c'était l'objectif de l'aménagement.

    (…) La meilleure manière de s'occuper du problème des indésirables, c'est de rendre un endroit attrayant pour tous les autres gens. Tous les retours d'expériences sont extraordinairement convaincants à cet égard.

     

    A suivre... Et si la question des "indésirables" et de la sécurité dans les espaces publics urbains vous intéresse, vous avez l'exemple spectaculaire de Bryant Park, à New-York : grâce un réaménagement de fond en comble, et à l'enlèvement des grillages et buissons qui le ceinturaient, ce coupe-gorge qui était un Q.G. du trafic de drogue est devenu un des parcs les plus appréciés de la ville. Voir ici puis About us > The Park > History.

    Date de l'article : 14 février 2012. Photo : Battery Park, Manhattan.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :