• Les jeux des enfants : une discussion

    Les jeux des enfants : une discussionL'article précité, publié par Die Zeit en 2015, a suscité des échanges intéressants de la part de lecteurs. Une partie, que nous présenterons ultérieurement, concerne les incidences de la densification urbaine sur les activités des enfants. Le reste porte sur les jeux des enfants et leur prise en compte par la planification.

    Lecteur 1

    La tâche de l'enfant est de trouver sa voie dans le monde que les adultes lui ont fait. C'est exactement ce que font tous les enfants, que leurs parents se goinfrent de chips sur leur canapé en regardant RTL ou qu'ils lisent, bricolent et jouent de la musique. Que la qualité des aires de jeux ait tellement d'influence, il m'est permis d'en douter. Dans mon enfance, au début des années 60, les aires de jeux ne valaient plus rien dès que l'on avait dépassé l'âge du bac à sable. Bien sûr, nous cherchions nos espaces de liberté. Il ne faisait pas bon se frotter au contremaître du grand chantier de construction d'à côté, alors nous nous glissions dans des anciennes galeries de bunker et faisions des expériences avec de la poudre noire. Soit dit en passant, dans la rue, nous avons souffert des jeux de pouvoir de certains emmerdeurs, et certains d'entre nous aussi de ceux de leurs parents.

     

    Je ne crois pas que nous soyons devenus de meilleures personnes grâce à notre expérience de la rue. Il me semble important que les parents ne projettent pas leurs rêves sur leurs enfants et qu'ils leur donnent la liberté de prendre les décisions dont ils ont besoin pour leur développement. Cela se passe aujourd'hui comme auparavant, à la fois dans le pays et dans la ville.

     

    Lecteur 2

    Les besoins des enfants ne sont trop souvent pas pris en compte à cause du problème de la responsabilité. Dans la forêt de notre ville, les enfants avaient construit une cabane pas très haut dans un arbre ; elle fut détruite du fait du problème de la responsabilité. On aurait peut-être pu ne pas s'en préoccuper et laisser aux enfants leurs mini-risques, non ? Cela éviterait que plus tard, les jeunes prennent des risques beaucoup plus grands en s'accrochant au tramway ou en escaladant des immeubles. Ils apprendraient que s'il est stupide de tomber de deux mètres sur les fesses, il est encore bien plus stupide de tomber de 20 mètres.

     

    Dans ma ville, les enfants sont impliqués, mais je trouve que l'article n'explique pas suffisamment pourquoi beaucoup de choses ne vont pas. Cela entraîne une certaine frustration.

     

    Lecteur   

    Pourquoi ne demande-t-on pas l'avis de quelqu'un qui connaît bien le sujet, par exemple un architecte paysagiste? Ce sont des professionnels qui ont appris à planifier des jeux et des espaces ouverts pour les gens. Pourquoi la profession n'est-elle même pas mentionnée comme ayant les compétences de base sur le sujet ?

     

    Vous n'obtiendrez malheureusement aucune solution de la planification urbaine, qui est beaucoup trop généraliste dans les domaines de l'habitat, du stationnement ou des itinéraires de transport. Et rien non plus de la part des sociologues qui savent théoriser, mais sont incapables de concevoir une aire de jeux fonctionnelle.

     

    Et en passant, ce que le sociologue dit au sujet des «biotopes» relève de l'incompétence. Il est vraiment primaire de chercher à opposer la protection de la nature aux espaces libres pour les enfants. Et l'intervieweuse le laisse dire, sans rien lui objecter !

     

    Lecteur 4

    Dans les années 60, il y avait beaucoup d'espaces ouverts disponibles pour jouer. Lorsque les aires de jeux ont été construites sur ces espaces ouverts, il ne restait plus rien pour jouer. Lorsque la première bretelle d'autoroute a été construite près de chez nous, jouer dans la rue est devenu une menace pour nos vies. Nous investissons dans des espaces résidentiels et commerciaux, des infrastructures, et des élevages prenant soin des animaux. Mais où est l'investissement dans la qualité de vie et les structures répondant aux besoins des gens ? Qui est autorisé à faire ces mauvais investissements, et pourquoi ?

     

    Lecteur 5

    Le problème commence par le fait que les adultes pensent à ce qui est bon pour les enfants ou à ce qu'ils veulent jouer et expérimenter. Par exemple, à la maison, nous avons beaucoup de jouets, mais je garde toujours à l'esprit que les enfants aiment jouer avec des choses simples pendant longtemps, par exemple avec des cailloux.

     

    Je pense qu'aujourd'hui tout est trop réglementé et planifié, que rien n'est laissé au hasard, et que beaucoup de choses sont examinées pour voir si vous êtes utile ou éducatif. Certains enfants grimpent presque tous les jours dans des petits arbres ou ont des activités physiques presque sans surveillance. Mais de plus en plus d'enfants sont envoyés une ou deux fois par an au Klettergarten (terrain d'escalade ?) et remis à des équipes professionnelles. Quelques heures de jeux et aventures calculés, mais pas d'autonomie et de créativité.

     

    Lecteur 6

    Dans ma petite ville, il y a vraiment beaucoup de jardins différents pour les enfants, il y en a aussi pour tous les goûts des parents (et c'est aussi très bien !). Les différentes structures d'accueil se font connaître lors d'événements publics et font la promotion de leur concept pédagogique. La seule à ne faire aucune publicité en raison de sa petite capacité (1 groupe) est le Waldkindergarten. Là, les enfants disposent d'une grande zone forestière naturelle avec un wagon de chantier en cas mauvais temps, et rien d'autre. Ce jardin est si populaire qu'aucune publicité n'est nécessaire et que les enfants affluent sur la liste d'attente. Tous sont très satisfaits, les enfants, les parents, les éducateurs. Cela plaide en faveur d'un «désordre» plus favorable aux enfants dans l'espace public.

    Illustration : P. Bruegel l'Ancien, 1560.


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