• Les nouveaux règlements de PLU et les espaces verts

    Les nouveaux règlements de PLU et les espaces vertsLe décret du 28 décembre 2015 "portant modernisation du contenu des plans locaux d'urbanisme" propose une réforme substantielle de ces documents, en particulier pour les règlements, dont la structure est refondue dans un objectif de simplification. Le "Guide de la modernisation du contenu du PLU", publié en avril 2017, éclaire les nouvelles dispositions et guide les collectivités locales sur la manière de les appliquer. Comme les PLU sont habilités à intervenir en matière d'offre d'espaces verts, il était intéressant de voir s'il y a des nouveautés dans ce domaine.

    Les huit articles, tous facultatifs, proposés pour la nouvelle présentation du règlement sont regroupés en trois parties, dont la seconde ("Caractéristiques urbaines, architecturales et paysagères") peut contenir un article consacré au "traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions". C'est là, a priori, que l'on est susceptible de trouver des dispositions relatives aux espaces verts. Sur les 181 pages du guide méthodologique, huit (126 à 133) traitent cette rubrique, qui est quasi exclusivement consacrée à la notion de "coefficient de biotope" (126 à 129), aux continuités écologiques (130-131, 133) et aux eaux pluviales (132).

    Si la notion de coefficient de biotope est assurément utile, notamment en ce qu'elle peut permettre d'imposer sur une surface donnée une proportion d'espace vert "en fonction de la valeur pour l'écosystème par référence à celle d'un espace équivalent de pleine terre" (on vous avait bien dit qu'on était dans la simplification !), il n'est nulle part fait allusion à l'éventualité que ces espaces verts puissent avoir des usagers. Comment faire pour proposer des espaces verts utiles aux habitants, est-il judicieux d' imposer des surfaces, des principes de localisation ou de desserte, des configurations d'un seul tenant ou fractionnées, peut-on intégrer les ouvrages d'eaux pluviales dans le calcul des surfaces d'espaces verts, peut-on ne pas prévoir d'espaces verts s'il y a une offre de qualité et aisément accessible près d'une opération, voilà des sujets qui relèvent pleinement d'un règlement de PLU et sur lesquels on aurait pu attendre quelques éclairages. Mais non, il n'y en a que pour la biodiversité, tant mieux pour elle, et tant pis pour les habitants, comme ceux de ce futur quartier de Quimper qui seront 750 à se partager pour unique espace vert une "plaine de jeux" de 2000 m² dans un bassin d'orage, soit 2,5 m² par habitant alors que l'OMS recommande 20 à 25 m². Voilà qui ne surprendra pas nos fidèles lecteurs, qui ont eu ici maints exemples de notre viscérale incapacité, dans ce pays, à aborder conjointement les valeurs écologiques et sociales des espaces verts. Le combat continue !

    Photo : une écolière identifie des plantes dans un parc public en bordure d'un gros quartier d'habitat collectif à Helsinki, précisément ici.

     


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