• SCOT et espaces verts : le cas du Pays de Lorient

    SCOT et espaces verts : le cas du Pays de LorientOn nous annonce la naissance récente du SCOT (schéma de cohérence territoriale) du Pays de Lorient, et il faut reconnaître que le bébé est bien replet car il pèse dans les 790 pages, ce qui est dans la bonne moyenne par les temps qui courent. Apparemment, il a tout ce qu'il faut là où il faut - rien que sur la trame verte et bleue, par exemple, il y en a plus de 40 pages et 26 cartes. Toutes les cases réglementaires sont manifestement cochées et, pour sûr, le SCOT "fait le job". Mais qu'en est-il exactement en matière d'offre de jardins publics, parcs et espaces naturels ? Est-elle chiffrée et cartographiée, y a-t-il une analyse critique des problèmes qui pourraient se poser (carences de l'offre, inégalités dans le territoire, problèmes d'accessibilité, adéquation aux besoins ?)

    L'état initial de l'environnement (223 pages) est quasi muet sur ce point, et ne propose qu'une liste (sans carte ni analyse) des principaux espaces naturels acquis par les collectivités. Le diagnostic du territoire (201 pages) ne contient rien non plus. Idem pour l'évaluation environnementale (78 pages) ; la trame verte et bleue y est traitée strictement sous son angle écologique, et si l'on cherche parmi les indicateurs de suivi, on trouve une rubrique prometteuse intitulée "valoriser le cadre et la qualité de vie", mais quatre des cinq indicateurs portent sur la trame verte et bleue "biologique" et le cinquième concerne "l'offre d'équipements par gamme", ce qui nous concerne peu.

    Il faut aller dans le Projet d'aménagement et de développement durable (PADD, 43 pages) pour lire qu'il serait bien de faciliter l'accès à la trame verte et bleue, "lieu de rencontres et de vie sociale". Reste, pour finir, à voir ce qu'en fait le Document d'orientations et d'objectifs (DOO, 197 pages). Celui-ci est plus disert sur le sujet, puisqu'il demande aux Plans locaux d'urbanisme (PLU) d'identifier et préserver la trame verte urbaine ainsi que des cheminements doux permettant la mise en valeur du patrimoine bâti et naturel. Il indique également que "les collectivités sont invitées à mettre en œuvre une réflexion du type sociotopes sur l'usage des espaces de nature dans les centralités", ce qui nous va assurément droit au cœur.

    On constate donc :

    - que la question de l'offre d'espaces verts et espaces naturels est presque complètement ignorée dans les documents de diagnostic, ce qui est un peu fâcheux pour la suite de la démarche (difficile de construire un projet quand on n'a pas d'état des lieux).

    - que le nouveau SCOT est en retrait sur ce sujet par rapport à celui de 2006, qui proposait trois pages d'analyses dans l'état initial de l'environnement et trois pages également dans l'évaluation environnementale, qui étudiait "les incidences du SCOT sur l'accès à la nature".

    - que le thème est cependant présent dans les documents politique (PADD) et juridique (DOO),  mais uniquement au travers de l'approche "trame verte" - certes utile, mais qui ne peut englober tous les aspects de la question.

    On trouve ici une nouvelle illustration d'un problème que nous avons souvent abordé : comme la législation n'impose pas aux documents d'urbanisme de s'occuper de l'offre d'espaces verts, les SCOT obéissants, qui cherchent en priorité à "cocher toutes les cases", ont tendance à évacuer le problème ou à le transférer vers le thème obligatoire de la trame verte et bleue. Reste à souhaiter que des SCOT plus aventureux, il doit bien y en avoir, se saisissent de la question si elle présente un intérêt sur leur territoire.


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