• "Sexualiser le vert"

    "Sexualiser le vert"...c'est la traduction mot à mot du titre suédois ("Att köna det gröna") d'un mémoire réalisé en 2016 par Kristina Wiklund (université de Luleå) avec le sous-titre "La méthode des sociotopes comme outil pour analyser les usages des espaces ouverts en fonction du genre". [NB : l'infinitif att köna venant du mot kön = sexe ou genre, il vaudrait peut-être mieux traduire par "genrer le vert", mais c'est moins joli que l'allitération du titre d'origine].

    Résumé de l'étude, avant d'approfondir certains points :

    "Rationnel, objectif et neutre par rapport au genre" : voilà des mots censés décrire comment l'urbanisme a été historiquement perçu. La vérité est que les villes dans lesquelles nous vivons sont presque exclusivement planifiées et construites par des hommes, qui ont tendance à refléter des expressions et des expériences masculines. D'un point de vue "Sexualiser le vert"féminin, cela pourrait signifier que la conception des espaces urbains présente des failles.

    Des recherches et des statistiques montrent que les hommes et les femmes pratiquent différemment l'espace urbain. Comment les besoins spécifiques aux genres peuvent-ils être intégrés dans la planification urbaine ? La réponse n'a rien d'évident. Les besoins peuvent d'ailleurs varier d'un endroit à l'autre, de sorte qu'une stratégie qui fonctionne pour un lieu peut ne pas fonctionner pour un autre.

     

     Le but de l'étude a été d'évaluer quelles méthodes peuvent être utilisées pour cartographier les lieux publics dans une perspective de genre, afin de jeter les bases d'une planification urbaine juste.

     

     La théorie du genre et les différences de genre par rapport aux espaces urbains ont été étudiées. Les règles applicables en matière d'égalité des sexes ainsi que les méthodes de planification utilisables pour l'égalité des sexes sont également présentées.

     

     Une étude de cas a été réalisée à Böleäng, un quartier d'Umeå, où une cartographie des sociotopes dans une perspective de genre a été utilisée. Elle comporte une évaluation par l'expert et une évaluation par l'usager. L'évaluation d'expert contient des observations, une analyse spatiale et une analyse de l'accessibilité. L'évaluation de l'usager se base sur un sondage par Internet, quatre entrevues individuelles, un entretien de groupe et un atelier avec les enfants.

     

     Les résultats de l'étude montrent que la cartographie des sociotopes est une méthode utile pour repérer les différences dans l'utilisation des espaces urbains entre les hommes et les femmes. La flexibilité de la méthode est un atout qui lui permet de s'adapter aux besoins.

     

     L'étude montre en outre que l'utilisation des espaces urbains entre les hommes et les femmes n'est pas si différente lorsqu'il s'agit de parcs et d'espaces verts dans le centre du quartier. Une petite différence dans l'utilisation peut être observée dans des zones naturelles plus éloignées, où les femmes ont, dans une plus large mesure, exprimé des valeurs associées à la vie en plein air et aux activités sociales. La plus grande différence entre les hommes et les femmes est liée au sentiment d'insécurité, qui conduit les femmes à limiter leur utilisation des espaces publics en raison des ténèbres, des faibles flux humains et de la peur des agressions.

     

     

     Illustrations : carte des sociotopes du quartier de Böleäng, ville d'Umeå. En haut, sociotopes des femmes et filles, et valeurs associées. En bas, sociotopes des hommes et garçons. Il semblerait que les hommes tirent davantage parti de l'espace que les femmes... reste à savoir pourquoi.

     

     


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