• Un sociotope norvégien : la plage

    Un sociotope norvégien : la plageComme nous l'avons vu précédemment, la recherche de sociotopes en Norvège du nord est une activité un peu ingrate, même en milieu urbain. Ni le climat, ni les formes urbaines, ni la culture des autochtones ne portent particulièrement les gens à se rencontrer dans les espaces de plein-air, si ce n'est pour des activités sportives. Après une semaine dans la région, j'ai abandonné tout espoir d'observer quoi que ce soit d'intéressant, mais voici que ce dimanche 1er juillet, le soleil daigne enfin se montrer, et la température maximale fait un bond prodigieux de 9 à 18°. Et voici que dans un coin perdu de l'île de Senja, au fond d'un fjord encastré entre de hautes montagnes, je tombe sur une magnifique plage de sable, avec des dunes à l'arrière, et qu'il se trouve là une cinquantaine de personnes réparties en plusieurs groupes - des indigènes, quelques touristes, et aussi un important groupe de gens que nous identifions a priori comme étant des réfugiés du Moyen-Orient, avec sûrement plusieurs familles.

    Un sociotope norvégien : la plageLes Norvégiens ne sont pas spécialement actifs : ils se baladent tranquillement le long de la plage et prennent des photos, d'autres sont assis sur des fauteuils pliants ou allongés  sur le sable, des enfants patouillent au bord de l'eau ou font des châteaux de sable... Mais ce sont les Moyen-orientaux (Syriens, Irakiens ?) qui assurent le spectacle. Leur groupe se répartit en trois sous-groupes : les enfants et ados, qui sont quasiment tous dans l'eau (à dix degrés), s'éclaboussent, jouent au ballon, rient et courent en tous sens ; les femmes, voilées, qui sont sur la plage et surveillent tout ce petit monde tout en bavardant ; enfin, les hommes, qui sont sur la dune et s'activent autour du coin pique-nique / grillades, où ils sont pour le moment en train de faire un feu dans la perspective d’une grande ripaille collective. Ceux-là ont trouvé tout seuls le mode d'emploi de ce magnifique espace, qu'ils investissent à fond et où ils ont manifestement décidé de prendre le maximum de bon temps, alors que les indigènes donnent l'impression de n'y aller que d'une fesse. Réserve nordique et exubérance méditerranéenne, ces deux cultures se côtoient sur cette plage du bout du monde. Plus tard, au cours de ce voyage, nous observerons qu'elles partagent au moins une passion commune : celle des grillades en plein-air, un thème éminemment œcuménique. C'est là un sujet sur lequel nous reviendrons.


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