• Un sociotope sur un échangeur routier ???

    Un sociotope sur un échangeur routier???

    La France est paraît-il la championne du monde des ronds-points et autres échangeurs routiers. Cela peut être une qualité pour certains usages mais concernant les sociotopes, on peut rapidement constater que ce n'est pas terrible. Qui ne s'est pas désolé de ne pouvoir bénéficier d'aussi confortables espaces publics que ces aménagements de ronds-points avec leurs pelouses bien tondues, leurs petites cabanes de vigneron ou leurs coques de bateaux échouées sous un bel arbre qui n'attend que sa balançoire ? Non, ces espaces si choyés par nos services techniques ne sont destinés qu'à la contemplation des automobilistes qui bien sûr sont en parfait état de contemplation. Mais de fréquentation piétonne il n'est pas question.

    Et pourtant, il existe un ouvrage routier qui porte un étonnant sociotope et dont la fréquentation ferait pâlir d'envie bien des parcs urbains. Il s'agit de l'entrée du tunnel autoroutier qui relie Amsterdam Nord à Amsterdam Sud en passant sous un bras de mer. Ce récent ouvrage autoroutier est surmonté d'espaces publics piétons, eux-même surmontés d'un musée dont la toiture se prolonge jusqu'au sol et accueille un espace ouvert avec vue sur les toits de la ville avec des jeux, des marches pour s'assoir ou s'allonger, orientées plein sud, de l'eau qui coule, un restaurant, une buvette... bref quelques bons ingrédients pour un sociotope. Cette construction baptisée "Nemo" est l’œuvre de l'architecte Renzo Piano qui avait déjà créé un sociotope étonnant et très fréquenté avec le projet du centre culturel G. Pompidou à Paris.  Nemo à Amsterdam nous apporte un exemple intéressant où un ouvrage routier en pleine ville, a priori vecteur de nuisances pour les piétons et riverains, devient un lieu fréquentable et attirant.

    Et si les Français s'appropriaient leurs si nombreux ouvrages routiers, ronds-points ou échangeurs ? N'était-ce pas déjà le cas il y a plusieurs siècles lorsque les ponts étaient couverts de boutiques captant le client ? Qui sait si nos ronds-points et échangeurs ne sont pas les sites d'installation de l'urbanité de demain et nos échangeurs de futurs sociotopes ? Mais attention, à la différence de l'exemple d'Amsterdam, ces ouvrages sont en majeure partie en périphérie des villes et les "urbaniser" pose aussi la question de la concurrence avec les centre-villes. A moins que la ville de demain s'organise autour de ces interfaces entre urbain et périurbain. Une difficile question à aborder avec précaution.

     


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